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Due diligence et enquêtes de moralité

Peut-on utiliser dans une vérification d'antécédents des informations sur un passé pénal trouvées sur internet?

Peut-on utiliser dans une vérification d'antécédents des informations sur un passé pénal trouvées sur internet?

L'une des questions les plus complexes dans les vérifications d'antécédents n'est pas comment trouver l'information.

C'est ce que l'on a le droit d'en faire une fois qu'on l'a trouvée.

La difficulté ressort particulièrement lorsque, au cours d'une vérification d'antécédents fondée sur des sources ouvertes, apparaît une information liée à une infraction pénale, à une enquête, à une procédure judiciaire ou à un comportement de nature pénale.

Cela peut être un jugement publié dans une base de données juridique.

Un vieil article sur un site d'information.

Un communiqué d'une autorité publique.

Un compte rendu d'un acte d'accusation.

Une publication sur une condamnation.

Ou même un document public qui décrit un événement factuel sans utiliser du tout les mots "casier judiciaire".

Dans une telle situation, une question naturelle se pose:

Si l'information ne vient pas de la police et n'a pas été extraite du casier judiciaire, mais a été trouvée par une simple recherche sur internet, a-t-on le droit de la transmettre à l'employeur et de la prendre en compte dans une décision de recrutement?

La réponse n'est pas un oui ou un non simples.

Et la raison est qu'il faut séparer trois questions différentes:

1. A-t-on le droit de collecter l'information?

2. A-t-on le droit de la transmettre à la partie qui prend la décision?

3. Cette partie a-t-elle le droit de l'utiliser dans une décision d'embauche?

Ce sont trois étapes entièrement différentes.

Avant tout: qu'est-ce au juste qu'une "information pénale" selon la loi?

La loi israélienne sur l'information pénale et la réhabilitation des délinquants de 2019 définit l'"information pénale" comme l'information provenant du casier judiciaire et du registre de police.

Le casier judiciaire comprend, entre autres, des détails sur des condamnations et certaines décisions énumérées dans la loi.

Le registre de police comprend d'autres types d'informations, comme des affaires en cours et des informations policières supplémentaires conformément aux dispositions de la loi.

L'implication initiale est importante:

Toute information décrivant un comportement pénal n'est pas nécessairement une "information pénale" au sens technique de la loi.

Un article de journal n'est pas le casier judiciaire.

Un jugement publié au public n'est pas la base de données de la police.

Un communiqué d'une autorité publique ne devient pas un registre de police simplement parce qu'il décrit une infraction.

Mais c'est exactement ici que commence la complexité.

La source de l'information n'est pas la fin de la discussion

Il est très facile d'arriver à la conclusion suivante:

"Si je l'ai trouvé sur Google, j'ai le droit de l'utiliser."

C'est une conclusion dangereuse.

La loi sur l'information pénale ne traite pas seulement de la manière dont une personne obtient l'information.

L'article 38 dispose que celui qui n'est pas habilité à recevoir une certaine information pénale, ou une information pénale en général, ne doit pas la prendre en compte dans une décision.

L'article poursuit en disposant que l'"information supplémentaire se rapportant à ladite information pénale" ne doit pas non plus être prise en compte.

Autrement dit, le fait qu'une information provienne d'une source ouverte ne la détache pas nécessairement des restrictions qui s'appliquent à l'utilisation de l'information pénale.

Le test n'est pas seulement:

"D'où vient l'information?"

Il faut aussi demander:

"Qu'avons-nous réellement appris d'elle?"

Et:

"Que comptons-nous faire de cette information?"

C'est une distinction critique.

L'OSINT ne peut pas devenir une voie de contournement pour obtenir une information dont la loi a voulu restreindre l'usage.

En d'autres termes:

Si un employeur n'est pas habilité à recevoir une certaine information du casier judiciaire, il est faux de supposer qu'il peut simplement reconstituer cette même information par une recherche dans des sources ouvertes puis l'utiliser comme si la restriction n'existait pas.

Mais la direction inverse n'est pas correcte non plus

Ici, il est important d'éviter l'erreur inverse.

Le fait qu'une source publique décrive un comportement pénal ne transforme pas automatiquement chaque détail qu'elle contient en information interdite de collecte, de signalement ou de prise en compte.

Une vérification d'antécédents peut révéler des informations factuelles d'une signification claire pour l'évaluation du risque.

Parfois cette information est aussi liée à une procédure pénale.

La question n'est pas seulement quelle étiquette juridique on peut lui accoler.

Il faut comprendre le contexte.

S'agit-il d'une condamnation?

D'une enquête?

D'un acte d'accusation?

D'une affaire classée?

D'un acquittement?

D'une allégation d'une partie dans une procédure civile?

D'une constatation factuelle d'un tribunal?

D'un reportage dont on ignore comment il s'est terminé?

Ou d'un comportement documenté pertinent pour le poste, même si la procédure judiciaire elle-même n'est pas le centre de la vérification?

Chacun de ces cas est différent.

Un exemple: un candidat censé gérer de l'argent

Supposons qu'une personne soit candidate au poste de directeur financier.

Le poste comprend la signature de paiements, l'accès à des comptes bancaires, des autorisations dans des systèmes financiers et la responsabilité de sommes d'argent importantes.

Au cours de la vérification d'antécédents, on trouve un jugement public et fiable décrivant l'implication passée de cette personne dans un acte de fraude financière.

Ici, deux réactions extrêmes seraient problématiques.

La première réaction:

"C'est un jugement public, donc nous avons automatiquement le droit de le transmettre et de recommander de ne pas embaucher."

C'est une conclusion trop large.

La deuxième réaction:

"Il y a ici un lien avec une infraction pénale, donc nous n'avons pas le droit de toucher à cette information du tout."

C'est aussi une conclusion trop large.

Une vérification d'antécédents professionnelle doit décomposer la découverte.

Qu'a exactement établi le jugement?

S'agit-il d'une condamnation ou seulement de la description d'une allégation?

Quand l'événement a-t-il eu lieu?

Quel était le rôle de la personne?

La procédure s'est-elle terminée d'une manière qui change le sens de la découverte?

Existe-t-il des sources supplémentaires qui la corroborent?

Et la question centrale du point de vue de la gestion du risque:

Quel est le lien entre la découverte et le poste examiné?

Lorsqu'une personne doit recevoir le contrôle de fonds, une découverte fiable concernant une conduite financière frauduleuse peut avoir une signification bien plus claire que dans un poste sans accès aux fonds, aux actifs ou aux autorisations financières.

Mais ici aussi, la pertinence pour le poste n'est pas une "carte de sortie de la loi".

Elle fait partie de la vérification, elle ne remplace pas l'analyse juridique.

La pertinence est une condition centrale, mais pas la seule

C'est peut-être la distinction la plus importante.

Dans le monde des vérifications d'antécédents, nous avons l'habitude de penser en termes de pertinence.

À juste titre.

Le but d'une vérification d'antécédents n'est pas de collecter chaque détail que l'on peut trouver sur une personne.

Le but est d'identifier l'information ayant un lien réel avec le risque découlant du poste.

Par exemple:

Un passé de fraude financière peut être très pertinent pour un poste comprenant l'accès à des fonds.

Un incident d'utilisation abusive d'informations peut être pertinent pour un poste avec des autorisations sur des bases de données sensibles.

Un comportement violent peut prendre une signification particulière dans un poste comprenant la responsabilité de la sécurité d'autrui.

Un manquement substantiel à la confiance peut être pertinent pour un poste où l'employé recevra une grande autonomie et l'accès à des actifs sensibles.

Mais la pertinence seule ne suffit pas.

Même une information très pertinente peut être une information dont la loi restreint l'usage.

L'ordre correct est donc:

D'abord la légalité.

Ensuite la pertinence.

Et pas l'inverse.

Toute mention dans la presse n'équivaut pas à un "casier judiciaire"

Il y a aussi un autre problème professionnel.

Internet ne fournit presque jamais une image juridique complète.

On peut trouver un article de 2018 disant qu'une personne a été arrêtée.

Mais que s'est-il passé ensuite?

Un acte d'accusation a-t-il été déposé?

L'affaire a-t-elle été classée?

La personne a-t-elle été acquittée?

S'agit-il seulement de la bonne personne?

Une correction de l'article a-t-elle été publiée?

Une juridiction supérieure a-t-elle infirmé le jugement?

Une vérification d'antécédents qui collecte la première mention et s'arrête là peut être pire que de ne pas faire de vérification du tout.

Surtout lorsqu'il s'agit d'informations susceptibles de nuire à une personne.

C'est pourquoi une telle découverte exige vérification, contexte et mise à jour.

L'acquittement est un bon exemple du piège

Supposons qu'une recherche sur le nom d'un candidat fasse remonter des dizaines d'articles sur un procès pénal médiatisé.

À première vue, l'impression est grave.

Mais après lecture du jugement, il s'avère que la personne a été acquittée.

Si l'analyste se contente des vieux titres, il crée en réalité une image inverse de la réalité juridique.

C'est l'une des raisons pour lesquelles une vérification d'antécédents ne peut pas se résumer à une recherche par mots-clés.

Il faut comprendre l'enchaînement des événements et le résultat.

L'âge de l'information compte aussi

Une découverte vieille d'un an n'est pas nécessairement identique à une découverte vieille de vingt ans.

La loi sur l'information pénale elle-même est construite, entre autres, sur une conception de prescription, d'effacement et de réhabilitation.

Le but n'est pas seulement de protéger l'information.

C'est aussi de permettre à une personne de ne pas porter à jamais tout le poids d'un événement de son passé.

Donc lorsqu'une vieille information apparaît sur internet, le fait qu'internet s'en "souvienne" ne signifie pas qu'un employeur doive nécessairement s'en souvenir de la même manière.

C'est particulièrement vrai pour une information dont la loi elle-même a cherché à réduire l'influence au fil du temps.

Et qu'en est-il d'une information qui n'est pas une condamnation?

Ici, une prudence encore plus grande s'impose.

Une arrestation n'est pas une condamnation.

Une enquête n'est pas une condamnation.

Un acte d'accusation n'est pas une condamnation.

Une affaire classée n'est certainement pas une condamnation.

Un article sur un soupçon n'est pas la preuve que le soupçon était fondé.

Et pourtant, une recherche OSINT peut faire remonter tout cela.

C'est pourquoi une vérification d'antécédents professionnelle ne peut pas se contenter des mots:

"Nous avons trouvé une publication négative."

Il faut dire ce qui a été trouvé exactement.

Qui l'a publié.

Quand.

Quel est son statut juridique.

Et ce qui s'est passé ensuite.

La différence entre:

"Le candidat a été condamné pour fraude"

Et:

"En 2019, il a été rapporté que le candidat avait été interrogé pour soupçon de fraude"

Est énorme.

Trois questions à poser avant d'inclure une telle découverte dans un rapport

Lorsqu'au cours d'une vérification d'antécédents apparaît une information liée à une procédure pénale, il est juste de séparer trois couches.

1. A-t-on le droit de la collecter?

S'agit-il d'une information provenant d'une source publique légitime?

La manière dont l'information a été obtenue est-elle légale?

N'y a-t-il pas ici une tentative de contourner une restriction légale par l'intermédiaire d'un tiers?

2. Est-il juste et permis de la signaler?

Même une information trouvée légalement ne doit pas entrer automatiquement dans le rapport.

Il faut examiner sa fiabilité, son actualité, sa gravité et sa pertinence.

Il faut aussi examiner si sa simple transmission risque de placer le décideur dans une situation où il est exposé à une information que la loi ne lui permet pas de prendre en compte.

3. L'employeur a-t-il le droit de l'utiliser dans la décision?

C'est une question distincte.

Un employeur peut être habilité à recevoir un certain type d'information et pas un autre.

Certains postes sont soumis à des régimes spéciaux.

Certains organismes détiennent des pouvoirs qu'un employeur privé ordinaire n'a pas.

Et parfois la loi permet de prendre une information en compte seulement sous certaines conditions.

Il n'y a donc pas une réponse unique qui convienne à chaque organisation et à chaque poste.

L'amendement 10 de la loi illustre exactement ce principe

En 2026, un régime nouveau et ciblé concernant certaines infractions de terrorisme a été ajouté à la loi.

La loi permet, dans les conditions fixées, à un employeur de demander à la police une notification indiquant si un candidat majeur a ou non une inscription au casier concernant une infraction grave de terrorisme ou certaines infractions selon la loi de lutte contre le terrorisme.

La demande est conditionnée au consentement écrit du candidat, et la notification ne fournit pas à l'employeur tous les détails du casier.

L'amendement est entré en vigueur le 24 août 2026.

Le simple fait que le législateur ait eu besoin de créer une voie aussi spécifique illustre un point important:

L'accès à l'information pénale à des fins d'emploi n'est pas une question de "il y a un consentement" ou "j'ai trouvé l'information".

C'est une question de compétence, de conditions et de finalité.

Alors quel est le rôle d'une vérification d'antécédents fondée sur l'OSINT?

Une vérification d'antécédents n'est pas un substitut du casier judiciaire.

Et elle n'est pas censée être un moyen de le reconstituer.

Son rôle est bien plus large et différent.

L'OSINT peut révéler des informations sur:

Les conflits d'intérêts.

Les sociétés et les liens d'affaires.

Les déclarations mensongères dans un CV.

L'historique professionnel.

Les sanctions.

Les liens avec des acteurs à risque.

Les procédures civiles.

Les comptes rendus médiatiques.

Les déclarations publiques.

Une activité commerciale inhabituelle.

Les schémas de comportement.

Les informations liées à la fiabilité, lorsqu'elles sont pertinentes pour le poste et collectées et analysées légalement.

Et parfois, dans cet espace, remontera aussi une information ayant un lien avec le monde pénal.

À ce moment-là, la responsabilité professionnelle n'est pas de la faire disparaître automatiquement, ni de se précipiter pour la transmettre.

La responsabilité est de comprendre ce qui a été trouvé exactement.

La question n'est pas seulement "qu'avons-nous trouvé?"

C'est:

Quelle est la source de l'information?

Quel est son niveau de fiabilité?

Quel est son statut juridique?

Y a-t-il un développement ultérieur?

Quel âge a la découverte?

S'agit-il de la bonne personne?

A-t-on le droit de la transmettre?

L'employeur a-t-il le droit de l'utiliser?

Et quel est son lien réel avec le risque découlant du poste?

Ce n'est qu'après avoir répondu à toutes ces questions que l'on peut décider si la découverte doit figurer dans la vérification d'antécédents, et sous quelle forme.

En résumé

"Information publique" et "information que l'on peut utiliser dans une décision de recrutement" ne sont pas synonymes.

Mais "information liée à un comportement pénal" et "information qu'il ne faut jamais signaler" ne sont pas synonymes non plus.

La réalité est plus complexe.

L'OSINT n'est pas un moyen de contourner la loi sur l'information pénale.

Mais une vérification d'antécédents ne doit pas non plus ignorer une information publique, fiable et pertinente simplement parce qu'elle touche à un comportement qui peut être pénal.

Le test professionnel réside dans la combinaison de quatre choses:

Le cadre juridique.

La source et la qualité de l'information.

La pertinence pour le poste.

Et la manière dont l'information sera utilisée dans la prise de décision.

Trouver une information sur internet est la partie facile.

Le professionnalisme commence avec la question de ce qu'il est permis, juste et équitable d'en faire une fois qu'on l'a trouvée.

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